du 26 décembre 2017

MILLAS (PYRÉNÉES ORIENTALES) :

Une pétition de soutien à la conductrice du car.


Dans le même temps, deux familles de victimes se sont constituées parties civiles,
ce mardi 26 décembre, pour avoir accès au dossier. AFP/COR

 
« Pour que justice soit faite », espère un internaute. Une pétition de « soutien à Nadine », conductrice du car de l'accident de Millas (Pyrénées-Orientales), regroupait environ 15 000 signataires ce mardi midi, cinq jours après sa mise en ligne sur la plate-forme change.org.

Le 14 décembre, un TER avait percuté un autocar transportant des collégiens sur un passage à niveau. Six adolescents ont perdu la vie, et une vingtaine d'autres ont été blessés, dont quatre sont encore en service de réanimation ou en soins intensifs.

Elle-même hospitalisée, la conductrice du car, quadragénaire et mère de famille, a été mise en examen pour homicides et blessures involontaires . Laissée en liberté, elle a été « placée sous contrôle judiciaire avec notamment l'interdiction de conduire », selon le procureur de la République de Marseille, Xavier Tarabeux, qui précisait ce mardi matin qu'il n'y avait pas, « à ce stade de l'enquête, de lien de causalité entre les médicaments pris par la conductrice du car pour dormir » et la collision de son véhicule avec le TER.

Les barrières étaient-elles bien baissées ?

La pétition met en avant l'une des principales interrogations à laquelle doit répondre l'enquête en cours, confiée à deux magistrats instructeurs du pôle accidents collectifs de Marseille, compétent pour ce type de catastrophe. Les barrières précédant le passage étaient-elles baissées, comme il se doit, ou bien levées, comme l'affirme la conductrice ?

Les témoignages rapportés à ce sujet ne permettent pas d'y répondre franchement . Interrogé sur BFMTV, un homme avait notamment montré la photo que son fils avait prise peu après la collision, sur laquelle une barrière est complètement relevée. L'Indépendant , Midi Libre et France 3 Occitanie avaient également relayé des suspicions de dysfonctionnement des barrières automatiques.

Mais le conducteur du TER affirme, lui, que celles-ci étaient bien baissées, tout comme la SNCF. France Bleu assure que la « plupart » des propos entendus par les gendarmes corroboreraient cette version. Enfin, selon le procureur de Marseille, les « constatations matérielles » iraient « plutôt dans le sens d'une barrière fermée » également.

« Plusieurs témoignages d'habitants de Millas et ses alentours ont affirmé que les barrières dysfonctionnaient par moments », affirme par ailleurs le texte mis en ligne, sans donner plus de précisions.

«Connaître la vérité sur ce qui a brisé votre vie»

Deux familles se sont par ailleurs portées civiles auprès d'un juge d'instruction de Marseille. Cette procédure «permet d'avoir accès au dossier, de prendre connaissance des résultats d'expertises, et éventuellement de demander des investigations au magistrat instructeur», explique ce mardi sur France Info Me Jehanne Collard, qui assiste ces deux familles.

« Bien sûr » que le témoignage de la conductrice « les intéresse », « mais comme tous les témoignages du dossier », a-t-elle ajouté. « Quand vous avez perdu un enfant, votre souhait c'est de connaître la vérité sur ce qui a brisé votre vie ».

Les familles reçues par le préfet

Dans la matinée, les familles de victimes qui le souhaitaient étaient reçues dans la mairie de Saint-Féliu-d'Avall, le village le plus cruellement touché par la catastrophe .

Ce dispositif d'accueil comprenant des associations, l'assureur AXA et un représentant du bâtonnier près du tribunal de grande instance devait concerner les questions de l'indemnisation d'urgence, de soutien psychologique et du retour au collège des enfants blessés dans l'accident.

Robin Korda (@rkorda)