du 27 février 2018

CHAMPNIERS (CHARENTE) :

Le car abandonne dans la nuit et dans le froid le collégien qui avait oublié sa carte.


Guillaume, le père de Mathis, ne décolère pas contre la Citram qui emmène d'habitude son fils le matin au collège. Photo Renaud Joubert
 

 
Mathis, 12 ans, est resté sur le carreau ce mardi matin devant l'arrêt de bus à Champniers. Dans le froid, alors qu'il ne retrouvait pas son titre de transport scolaire. Le père est remonté.

Un excès de zèle ou « un malheureux concours de circonstances » , comme le plaide la Citram? Ce mardi matin, à 7h09, le jeune Mathis, 12 ans, qui attendait le bus scolaire à l'arrêt de La Chignolle à Champniers pour se rendre au collège à Angoulême, est en tout cas resté sur le carreau. Pas de titre de transport à présenter, ni d'euro en poche.

« Il a été débarqué, alors même qu'il faisait - 8°C, je l'ai récupéré en pleurs, les doigts violets après être resté dehors plus d'une demi-heure » , lance Guillaume, son père, remonté contre la conductrice du bus. Dans l'incompréhension. « C'est déjà arrivé l'automne dernier, sauf qu'il ne faisait pas aussi froid. Mon fils a une carte annuelle valable jusqu'en septembre 2018, la conductrice le connaît parfaitement car elle le conduit quasiment tout les matins ! »

Ce mardi, l'enfant ne retrouvait pas sa carte qui avait glissé au fond du sac. « On l'a laissé là sans savoir s'il avait un téléphone ou s'il pouvait rentrer chez lui à pied » , dénonce Guillaume, qui habite à plus de 4 km, à Couzier, un hameau de Vars, de l'autre côté de la RN10.

C'est un riverain, voyant l'enfant en pleurs, qui a prévenu les parents. « Je ne voudrais pas que cela arrive à d'autres enfants, reprend le père qui a eu la Citram au téléphone. La conductrice s'excuse. » « Un incident rarissime, plaide Xavier Lebossé, le directeur de la société, qui assure le service de transport scolaire pour la Région. Il n'y a pas eu d'intention délibérée de laisser l'enfant sur le bord de la route: la conductrice lui a demandé 1€ qu'il n'avait pas, il est redescendu, ça s'est passé très vite. »

Les conducteurs ont pour consigne de vérifier la carte de transport et de demander 1€ en cas de non-présentation. « Un carnet d'irrégularités est là pour noter les manques , reprend Xavier Lebossé. Si cela arrive régulièrement, on en informe les services de la Région. On transporte 10 000 enfants par jour : ce n'est pas dans nos habitudes de les laisser dehors ! »

Céline AUCHER