Reportage de la Gazette des Communes
après l'interview de notre président Alain Estival.
du 9 septembre 2026
MOBILITÉS
La sécurité des élèves passe par davantage de prévention.
© B.M. ADATEEP 11
25 000 élèves ont été formés à la sécurité dans les transports scolaires durant l’année scolaire écoulée, grâce à des vidéos, quiz, dépliants et autres supports interactifs. Sans oublier l’implication de contrôleurs régionaux, de partenaires associatifs, et des conducteurs volontaires.
Focus
POURQUOI ?
Les autorités organisatrices de la mobilité sensibilisent les élèves aux bons comportements dans et autour des transports scolaires, afin de garantir des trajets sûrs.
POUR QUI ?
Tous les élèves peuvent être concernés. Des collectivités ciblent les sixièmes, qui découvrent souvent les transports scolaires pour la première fois.
COMMENT ?
Des animations sont proposées, principalement sur le temps scolaire, pour parler des transports publics et des bons gestes et attitudes à adopter.
Évacuer un car en urgence, se rendre à son point d’arrêt en sécurité, savoir réagir en cas de suspicion de harcèlement lors d’un trajet, etc. Pour accompagner les enfants à prendre le bus en toute sécurité pour se rendre dans leur établissement scolaire, collectivités et associations multiplient les actions de sensibilisation.
Ainsi, la communauté d’agglomération Arles-Crau-Camargue-Montagnette (6 communes, 84 680 hab., Bouches-du-Rhône) propose « une offre de services aux établissements scolaires sur les mobilités et les règles de sécurité dans les transports scolaires », explique Cyril Juglaret, vice-président chargé des transports et des mobilités (Région SUD note ARTEJ). Deux agents intercommunaux, épaulés par l’association départementale pour les transports éducatifs de l’enseignement public (Adateep) du Gard, vont ainsi à la rencontre des élèves.
Des exercices d’évacuation d’urgence
En Occitanie, dans les établissements scolaires, l’association régionale pour les transports éducatifs de jeunes (Artej), avec le soutien d’Adateep, organise des exercices d’évacuation de bus et des échanges avec les enfants sur la sécurité dans les cars.
En 2025, les bénévoles sont intervenus dans 271 établissements auprès de 35 500 élèves, principalement scolarisés en classe de sixième. « C’est souvent à cet âge que les enfants utilisent les transports scolaires pour la première fois », indique le président de l’Artej, Alain Estival. Idem en Nouvelle-Aquitaine, qui déploie l’opération « sécuribus ».
Des collégiens avertis
Pendant une heure trente, les collégiens découvrent les règles de sécurité, les bons comportements à adopter. Ils participent à des exercices d’évacuation d’urgence. « Lors du premier essai, les enfants mettent plus de trois minutes à sortir. Après la sensibilisation, une minute trente suffit », détaille Renaud Lagrave, vice-président chargé des mobilités (Région Nouvelle Aquitaine note ARTEJ).
Or le temps gagné peut sauver des vies. En cas d’incendie, « les fumées qui envahissent l’habitacle ne laissent qu’une trentaine de secondes aux passagers pour quitter le véhicule », pointe l’Association nationale pour les transports éducatifs de l’enseignement public (Anateep).
En 2025-2026, 25.000 élèves ont été formés grâce à des supports interactifs (vidéos, quiz, dépliants) et à l’implication de contrôleurs régionaux, de partenaires associatifs, et des conducteurs volontaires.
En Vendée, tous les ans, le conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD) de la communauté d’agglomération du pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (14 communes, 53.180 hab.) associe les scolaires à sa semaine annuelle de la prévention routière.
Parmi les ateliers proposés figure parfois un car à retournement. « Une quinzaine d’élèves montent à bord, puis le véhicule bascule sur le côté. Les jeunes prennent alors pleinement conscience de l’utilité du port de la ceinture de sécurité avant d’être évacués par les trappes de toit », explique Laurent Duranteau, vice-président chargé de la prévention et du CISPD.
« Transport attitude » 2026-2027
La prévention ne s’arrête pas à l’intérieur des véhicules. En Dordogne, Périmouv’ distribue un gilet jaune à chaque jeune pour améliorer sa visibilité aux points d’arrêt.
De leur côté, en Occitanie, les bénévoles de l’Artej et des Adateep rappellent les règles de prudence aux arrêts de bus et aux abords des établissements scolaires.
Cette vigilance sera au cœur de la campagne nationale « transport attitude » 2026-2027 de l’Anateep. « Nous notons une généralisation de l’usage du téléphone portable, des écouteurs ou du casque, ce qui détourne l’attention des élèves », alerte son secrétaire général, Christophe Trébosc.
De plus en plus d’incivilités
La sensibilisation porte aussi sur le vivre-ensemble. Selon Christophe Trébosc, les incivilités dans les transports scolaires sont en hausse : « C’est ce que nous remontent les entreprises et les conducteurs. Gérer certains groupes devient parfois compliqué, y compris avec des élèves de l’école élémentaire. »
Alain Estival précise : « Nous travaillons sur le respect du conducteur, des autres élèves et du matériel. » Avec l’appui de la gendarmerie, Périmouv’ sensibilise sur l’intérêt du port de la ceinture. Des actions sont menées au cas par cas, dans les établissements, selon les retours des transporteurs ou lorsque « les accompagnateurs [des agents communaux] nous signalent des problèmes récurrents », ajoute Florian Chantegreil, vice-président de l’agglo du Grand Périgueux, chargé des mobilités et des déplacements.
Le harcèlement est aussi abordé. « Il ne s’arrête pas à la porte de l’établissement scolaire. Il peut se produire dans les véhicules », rappelle Christophe Trébosc. Les élèves sont ainsi encouragés à signaler toute situation préoccupante et à en parler aux équipes ressources ou aux élèves ambassadeurs de Phare, un dispositif de lutte contre le harcèlement.
Focus
AVANTAGE.
Ces actions de sensibilisation permettent aux jeunes d’acquérir des bons réflexes, qu’ils garderont adultes.
INCONVÉNIENT.
Ces temps sont souvent animés par des bénévoles, lesquels se font de plus en plus rares.
CA du Grand Périgueux (Dordogne) 43 communes, 104 850 hab. Les écoliers de CM2 dans les coulisses du fonctionnement du réseau de bus
En Dordogne, Périmouv’, l’établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) chargé des transports scolaires sur le territoire du Grand Périgueux mène des actions de sensibilisation pour les élèves scolarisés en CM2. L’objectif : préparer leur entrée au collège, une étape qui s’accompagne souvent de leurs premiers trajets en transport scolaire. « Au centre technique, durant une demi-journée, nous leur faisons découvrir l’univers des transports. Nous leur apprenons à lire une fiche horaire, à comprendre le fonctionnement du réseau de bus, à souscrire un abonnement ou à identifier le rôle d’un contrôleur », explique Joannès Bouillaguet, directeur général de Périmouv’.
La visite ne s’arrête pas à ces aspects pratiques. Les écoliers découvrent également les coulisses du service, avec un passage par l’atelier de maintenance des véhicules et le poste de régulation. Chaque année, les équipes de l’établissement public accueillent entre douze et quinze classes, en privilégiant les écoles situées au cœur de l’agglomération, car ces élèves seront les futurs usagers du réseau urbain. Pour faciliter leur venue, Périmouv’ prend en charge le transport des classes jusqu’à son siège. Durant les vacances scolaires, les centres de loisirs peuvent, eux aussi, profiter de cette immersion. L’Epic assure l’exploitation de 43 circuits scolaires, de la maternelle au lycée, et transporte près de 2 000 élèves chaque jour.
Valérie Brunet
© ADATEEP 48
NB : Les illustrations présentées n'accompagnent pas l'article cité. Elles ont été ajoutées par l'ARTEJ.

